Création 2019

Matin brun

de Franck Pavloff

Entresort théâtral

                     en caravane

Charlie et son copain sont des gens ordinaires, des messieurs tout le monde en somme.
Ils vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’Etat Brun.

Alors, ils s’adaptent à cette politique et s’accommodent des nouveaux dogmes sans trop se poser de questions. Dans la vie, ils vont d’une façon ordinaire entre bière et belote.
Ni des héros, ni des salauds.
Simplement, pour éviter les ennuis, ils acceptent et détournent les yeux.

Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lachetés de chacun ?

Matin brun est un texte coup-de-poing, l’urgence d’une prise de conscience, un apologue sur les petites compromissions que nous faisons, notre laisser-faire quotidien.
Ou comment, par manque de vigilance, nous pouvons devenir « la main du diable » et creuser le lit d’extrémismes.

 

J’ai découvert Matin brun de Franck Pavloff à sa sortie en 1998. Ce texte m’a tout de suite saisi et je l’ai gardé sous le coude en me disant qu’un jour ou l’autre je m’en emparerai.
Ce qui me paraît essentiel, c’est de faire entendre l’histoire de ces deux amis, personnes ordinaires si proches de nous. Faire entendre les questionnements et réflexions de ce narrateur, son désarroi face à une politique qui broie et annihile toute humanité, mais qu’il a laissé, par manque de vigilance, de résistance, s’installer. Comme nous.
Le dispositif scénique que j’ai choisi est une caravane, lieu clos, étroit, étouffant. Le public à son entrée est revêtu d’une cape brune, identique pour tous, déshumanisante. A l’intérieur de la caravane, l’obscurité confère l’anonymat, place chacun face à lui même et renforce l’idée d’identification au narrateur.

 Eric André

  Franck Pavloff et Matin brun

Franck Pavloff naît à Nîmes en 1940 d’un père bulgare. Avant de se lancer dans la littérature, il a connu une carrière de psychologue et d’éducateur marquée par l’engagement, notamment en faveur des droits des enfants.
En 1993, il publie son premier roman, un polar intitulé « Le vent des fous » chez Gallimard, dans la Série noire. Il en publiera plusieurs autres avant le succès de Matin brun. En 1998, choqué par l’alliance formée par certains élus de droite avec le Front national lors des élections régionales, il écrit Matin brun sous le coup de la colère.
La portée universelle de cette oeuvre tient en partie à l’absence de repères spatio-temporels. Cette fable, publiée chez les Editions Cheyne, spécialisées dans la poésie, a connu un succès inattendu, renouvelé en 2002 lorsque Jean-Marie Le Pen parvient au deuxième tour des élections présidentielles.
Matin brun a été traduit dans de nombreuses langues et édité dans plus d’une vingtaine de pays.

Avec une jauge limitée (10 personnes), ce spectacle sera joué en continu pendant 2h30, pour une durée de 15 minutes environ par représentation.
Ce projet de création est tout public à partir de 14 ans. Il peut être joué directement dans une cours de collège ou lycée.

Scénographie & jeu : Eric André
avec l’oreille complice de Marie-Noëlle Liaud
et l’aimable assistance de Inge Zorn pour les costumes, Joël Teodomante pour la caravane
Alain Ricard avec Ozzy le chien et Tao la chatte pour les photos.